Gouvernance de l’IA en Afrique : le Bénin décroche la troisième place du continent
Avec un score de 2,58 sur 4, le Bénin arrive troisième derrière le Rwanda et le Nigeria et est le seul État d’Afrique francophone classé dans la catégorie des pays à gouvernance « établie ».
Le Bénin confirme sa progression dans le domaine de la gouvernance de l’intelligence artificielle. Le premier Africa AI Governance Index (AAIGI), publié par l’Africa AI Policy Lab, une initiative de Lawyers Hub, place le pays à la 3ᵉ position en Afrique, avec un score de 2,58 sur 4. Il est devancé par le Rwanda, premier avec 3,25 points, et le Nigeria, deuxième avec 2,81 points.
L’indice constitue la première évaluation conçue et menée à l’échelle continentale pour mesurer la capacité des États africains à encadrer le développement et l’utilisation de l’intelligence artificielle. Il couvre les*54 pays africains et s’appuie sur 80 indicateurs répartis entre plusieurs dimensions de la gouvernance de l’IA.
Une troisième place qui distingue le Bénin
Avec cette performance, le Bénin rejoint le cercle très restreint des trois pays africains classés au niveau de gouvernance « établi ». Le Rwanda et le Nigeria occupent respectivement les deux premières places du classement.
Derrière le trio de tête, le Kenya arrive quatrième avec 2,47 points, suivi du Maroc (2,38), de l’Égypte (2,25), de l’Éthiopie (2,22), du Ghana (2,21), de Maurice (2,20) et de la Tunisie (2,12).
Le classement ne mesure toutefois pas la puissance technologique ou la taille du marché de l’IA d’un pays. Il évalue plutôt sa capacité à concevoir des politiques, établir des règles, mobiliser des institutions et créer les conditions nécessaires à un développement responsable de l’intelligence artificielle.
La stratégie, l’un des points forts du Bénin
La performance béninoise est notamment portée par son cadre stratégique. Selon les données publiées autour de l’indice, le pays obtient la note maximale sur le pilier « Stratégie et Vision », avec 4 points sur 4.
Cette position s’inscrit dans une dynamique engagée depuis plusieurs années avec la mise en place de politiques publiques consacrées au numérique, à l’intelligence artificielle et aux mégadonnées.
Mais le classement met également en évidence un défi majeur pour le continent : passer des stratégies à leur mise en œuvre effective. Les pays africains ont multiplié les annonces et les cadres de politique publique, mais les capacités institutionnelles, les infrastructures, les compétences et les moyens nécessaires à leur application restent encore insuffisants dans de nombreux États.