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FGI Bénin 2026 : la protection de l’enfant en ligne au cœur de la 15e édition

À travers son rendez-vous annuel, le Forum sur la gouvernance de l’Internet au Bénin a tenu, samedi 19 septembre, sa 15e édition autour du thème : « Famille, École : agissons ensemble pour protéger l’enfant en ligne ».

Photo de familles des participants à la 15è édition du FGI Bénin 2026 à Cotonou
FGI-Bénin

Un clic peut parfois suffire pour exposer un enfant à des contenus ou à des comportements inappropriés. Face à ces risques, la gouvernance multiacteur de l’Internet appelle à une implication de tous.

Parents, enseignants, acteurs du numérique et autres parties prenantes se sont donc retrouvés pour réfléchir aux moyens de mieux encadrer les usages numériques des plus jeunes.

À l’ouverture du Forum, le président du MAG FGI Bénin et président du comité d’organisation, Angelo Klanclounon, a rappelé : « Après avoir exploré plusieurs problématiques au cours des précédentes éditions, le Forum a choisi cette année de mettre l’accent sur une question devenue particulièrement sensible : la sécurité des enfants en ligne. Contenus inappropriés, cyberharcèlement, sollicitations malveillantes ou encore usages de l’Intelligence Artificielle », qui, à l’en croire, constituent autant de défis qui interpellent les familles, le système éducatif, les pouvoirs publics et les professionnels du numérique.

(le président du MAG FGI Bénin et président du comité d’organisation, Angelo Klanclounon.jpg)

Revenant sur les conditions d’organisation de cette 15e édition, Angelo Klanclounon a salué la mobilisation des participants, malgré les contraintes rencontrées dans la préparation de la rencontre. « Ça a été pour nous un vrai challenge d’organiser cette 15e édition », a-t-il reconnu. Il a également mis en avant l’engagement des jeunes qui ont apporté leur contribution à la réussite de l’événement.

Le choix de consacrer cette édition aux mineurs s’inscrit, selon lui, dans la continuité des thématiques précédemment abordées. « En 2023, nous avons abordé la question de la disponibilité de l’Internet. En 2024, la participation citoyenne. En 2025, les infrastructures. Il était donc logique que maintenant nous puissions nous intéresser à cette couche sensible qu’est l’enfant », a-t-il expliqué.

Pour Angelo Klanclounon, il ne s’agit toutefois pas de rechercher un responsable unique face aux dangers du web. Il appelle plutôt à une mobilisation concertée afin de mieux encadrer les usages et de mettre en place des mécanismes adaptés. « Ce n’est pas d’abord de voir qui protège l’enfant, mais de rechercher quelles sont les actions de synergie qui sont déployées, quelles sont les politiques qui sont définies pour que l’enfant soit véritablement protégé », a-t-il insisté.

Le vice-président d’ISOC Bénin, Elias Gildas Gnancadja, a, pour sa part, rappelé l’importance de cette mobilisation collective. « Quand on dit quinzième, on a fait un long chemin. Chaque année, ce Forum rassemble ceux et celles qui façonnent l’Internet avec une conviction constante : aucun acteur seul ne peut relever le défi d’un espace numérique sûr », a-t-il déclaré. Évoquant les menaces auxquelles les plus jeunes sont aujourd’hui exposés, il a cité les contenus inadaptés, le harcèlement en ligne, les sollicitations malveillantes ainsi que les nouveaux défis posés par l’Intelligence Artificielle.

« L’Internet offre des opportunités, mais aussi des risques réels : contenus inappropriés, cyberharcèlement, sollicitations malveillantes et désormais les défis liés à l’Intelligence Artificielle qui prend de l’ampleur », a-t-il relevé.

Pour le responsable, cette protection ne peut reposer sur une seule institution. « Cette protection est une responsabilité partagée. La famille pour le dialogue, l’école pour l’éducation aux médias et à l’esprit critique, l’État comme protecteur et régulateur », a-t-il souligné.

Les enjeux de l’encadrement des enfants à l’ère du numérique

Autour du thème retenu pour cette 15e édition, « Famille, École, État : agissons ensemble pour protéger l’enfant en ligne », les panélistes ont échangé sur les risques liés à l’utilisation de l’Internet et de l’Intelligence Artificielle par les enfants, mettant l’accent sur la nécessité d’un usage responsable et encadré.

Présidente de l’association Les Pros de la Comm’ du Bénin, Olafemiwa Okanla estime qu’Internet reste un outil utile pour s’informer, s’éduquer et découvrir, mais qu’il doit être accompagné de règles. « Internet, c’est tout un environnement », a-t-elle rappelé, appelant notamment les parents à donner des consignes et à assurer un certain contrôle.

De son côté, Kossi Amessinou, docteur en sciences de l’information et de la communication et ancien vice-président du FGI au Bénin, a mis l’accent sur l’équilibre entre les différents usages du numérique. « L’enfant doit s’amuser, c’est vrai, mais l’équilibre doit être établi entre le temps de l’éducation, le temps ludique, le temps de l’apprentissage et le temps en ligne », a-t-il souligné. Pour lui, les outils numériques doivent contribuer à améliorer les conditions d’apprentissage sans se substituer à la réflexion personnelle de l’enfant.

Les échanges se sont poursuivis autour de quatre panels consacrés aux principaux défis liés à l’enfance dans l’univers numérique. Les participants ont notamment abordé les conséquences d’une exposition précoce aux contenus inadaptés, les rapports entre Intelligence Artificielle et enfance, l’accompagnement des jeunes par leurs parents ainsi que les politiques publiques destinées à encadrer leur présence sur Internet.

Au-delà des échanges, cette 15e édition entend déboucher sur des recommandations concrètes pour mieux protéger les mineurs en ligne. Une démarche qui appelle surtout à une meilleure coordination entre les familles, l’école, les pouvoirs publics et les différents acteurs de l’écosystème numérique béninois.Les recommandations formulées portent notamment sur le renforcement du cadre de protection de l’enfant en ligne, l’éducation à la citoyenneté numérique, la protection des données personnelles, l’accompagnement des victimes ainsi que la prise en compte des nouveaux défis liés à l’Intelligence Artificielle.

Les participants préconisent également un mécanisme de suivi pour veiller à la mise en œuvre des actions retenues et faire le point sur les progrès lors des prochaines éditions du FGI Bénin.